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Berne : la diaconie rend possible et améliore la qualité de vie

Nov 27, 2018 | Magazine

Pour lutter contre les causes de l’injustice, de la misère et de l’adversité, le concept de diaconie des Églises réformées Berne-Jura-Soleure se fonde sur la communauté solidaire. Voici la troi-sième partie de la série des concepts de diaconie.

Celui qui cherche dans les publications des Églises réformées Berne-Jura-Soleure une interpré-tation de la notion de diaconie, trouve déjà une réponse dans le volumineux règlement ecclésiastique. Le chapitre « La communauté solidaire » est introduit par une définition de la diaconie considérée dans un sens général : « À l’origine, le mot signifie ‘service’. Dans le christianisme ancien, il désignait l’entraide et l’assistance mutuelle dans la communauté ; au XIXe siècle, il désigna une structure organisée de bienfaisance. Aujourd’hui, c’est une appellation générale pour toute sorte de travail social et d’aide individuelle de l’Église ».

La diaconie soutient tout ce qui protège la vie, la dignité, la liberté et le droit des êtres humains.

La paroisse, relève le règlement ecclésiastique, est appelée au service solidaire de tous les êtres humains, en particulier des opprimés, des défavorisés, de ceux qui sont dans le besoin : « Elle soutient tout ce qui protège la vie, la dignité, la liberté et le droit des êtres humains ». Pour ce faire, l’accompagnement spirituel et la diaconie doivent se compléter mutuellement.

La diaconie, souligne le règlement ecclésiastique bernois, est un service ouvert à toutes et tous, donc aussi aux réfugiés et aux personnes qui sont sorties de l’Église : elle s’adresse d’abord aux personnes malades, handicapées, âgées, isolées, dans le deuil ou la détresse morale, aux détenus et à leurs familles, aux personnes en proie à des difficultés psychiques ou sociales, mais aussi « à celles qui doivent assumer des responsabilités particulières ». La diaconie s’efforce en conséquence de « lutter contre les causes de l’injustice, de la misère et de l’adversité. »

L’action diaconale suppose que l’on s’attaque concrètement aux causes. L’Église bernoise a mis en place au niveau cantonal un secteur Diaconie chargé d’aider les paroisses à accomplir leurs tâches dans une approche élargie mais axée sur la pratique. Le secteur réalise un travail de fond en mettant l’accent sur la complémentarité de l’accompagnement spirituel et de la diaconie. Au niveau politique, il s’engage en faveur de conditions générales équitables.

La diaconie intervient lorsque des personnes sont frappées par le malheur, se retrouvent dans le besoin : en cas de catastrophes naturelles, lors de crises, d’accident, de conflits, de dépendance ou de maladie, quand des individus sont désemparés et n’arrivent pas à s’en sortir seuls. « Ici, il faut des gens résolus qui sachent reconnaître la situation de détresse et agir pour la combattre. Il en a toujours été ainsi et cela reste valable aujourd’hui », souligne Claudia Hubacher à propos du sens et de la finalité de la diaconie. Conseillère synodale responsable du secteur Diaconie des Églises réformées Berne-Jura-Soleure, Claudia Hubacher est également membre du comité de Diaconie Suisse.

Mais la diaconie se manifeste aussi là où des personnes partagent des expériences communes en créant ainsi des réseaux qui offrent un soutien en cas de détresse, autrement dit : « dans les projets permettant de participer à des activités communautaires », comme le relève Claudia Hubacher dans la publication « Nächschteliebi für i Hosesack » (« L’amour du prochain en format de poche ») où sont présentés différents projets diaconaux de l’Église bernoise.

La diaconie met au centre le bien-être de l’individu. Les failles de notre société ne sont pas toujours manifestes. Il faut des personnes vigilantes capables de reconnaître les tensions sociales, poursuit Claudia Hubacher. Grâce à son vaste potentiel de bénévoles très engagés, l’Église peut apporter une aide sociale dans de nombreux domaines, tout en sachant qu’elle ne pourra jamais répondre à tous les besoins. « À l’origine de la diaconie, il y a toujours des per-sonnes qui ont une idée et la mettent au service d’autres personnes. »