Magazine

CH : Soutenir les personnes dans leur globalité

Dans le cadre du colloque « pauvreté et intervention sociale », les directeurs du CSP-Vaud et de Caritas Genève ont présenté les outils particuliers des deux associations dans l’aide sociale, vendredi 6 octobre, à l’Université de Lausanne.

 

Par Laurence Villoz 

« Nous adoptons une approche globale et sans restrictions des personnes qui viennent nous voir », explique Bastienne Joerchel Anhorn, la directrice du Centre social protestant Vaud. Lors du colloque « Pauvreté et intervention sociale : un accompagnement impossible ? », qui s’est déroulé les 5 et 6 octobre à l’Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP), à l’Université de Lausanne, Bastienne Joerchel Anhorn et Dominique Froidevaux, directeur de Caritas Genève, ont abordé la question du rôle des associations dans la prise en charge des personnes en situation de précarité.

Sous forme de dialogue, les deux responsables ont présenté les spécificités de leurs centres sociaux. « L’essentiel se joue dans la construction de la confiance, en valorisant entre autres l’expertise des personnes. Nous développons beaucoup d’accompagnement sur mesure avec une vision systématique », explique Dominique Froidevaux. Caritas Genève lutte contre la pauvreté et l’exclusion à travers des actions concrètes telles que l’aide sociale et juridique, l’accompagnement des personnes âgées ou malades et l’insertion professionnelle des jeunes.

 

«Souvent quand les personnes viennent nous voir, c’est déjà trop tard. Pour cette raison, nous avons développé des programmes d’informations notamment auprès des écoles professionnelles. »

Bastienne Joerchel Anhorn
Directrice du Centre social protestant Vaud

 

 

« L’essentiel se joue dans la construction de la confiance, en valorisant entre autres l’expertise des personnes. Nous développons beaucoup d’accompagnement sur mesure avec une vision systématique. »

Dominique Froidevaux
Directeur Caritas Genève

13 000 consultations par année

De son côté, le CSP-Vaud dispense environ 13 000 consultations par année, soit plus de 7500 situations, précise la directrice. « On assure un suivi qui va parfois jusqu’au recours administratif. Et si le nombre de consultations est stable par rapport à ces dernières années, c’est simplement parce que nous n’avons pas les ressources d’en faire davantage ». Au-delà des consultations, le Centre réalise tout un travail de prévention, notamment par rapport à l’endettement des jeunes. « Souvent quand les personnes viennent nous voir, c’est déjà trop tard. Pour cette raison, nous avons développé des programmes d’informations notamment auprès des écoles professionnelles ».

Les deux associations jouent également un rôle important de plaidoyer. « Notre force consiste à faire un travail de proximité, sur le terrain, qui permet de nous rendre compte des besoins des personnes et de les faire remonter. Par exemple, nous avons fait un réel travail politique pour améliorer les conditions des femmes migrantes victimes de violence », ajoute Bastienne Joerchel Anhorn. Contrairement à Caritas Genève qui est financé à moins de 5% par le canton, le CSP-Vaud est subventionné à hauteur de 50% par l’État. « C’est parfois difficile d’être une force de proposition constructive et critique sans cracher dans la soupe. Il est essentiel que nous gardions notre indépendance financière pour faire ce travail de plaidoyer », souligne la directrice.

 

Pour sa quatrième édition, ce colloque organisé par le Département de la santé et de l’action sociale a proposé huit conférences plénières et treize ateliers afin de développer une réflexion globale sur la prise en charge de la pauvreté en Suisse.