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Neuchâtel : La Ville de Neuchâtel immortalise l’engagement de Frère Léo

Josef Egli, dit Frère Léo, est à l’origine de la création d’une aumônerie de rue en ville de Neuchâtel. Les autorités publiques et religieuses honorent son travail par une plaque commémorative à la rue Fleury, dix ans après sa mort.

 

Par Laurence Villoz, ProtestInfo

« Ça fait dix ans que Frère Léo nous a quittés. Et pourtant il a laissé une empreinte indélébile dans nos cœurs et notre ville », lâche Yves Conne, animateur de l’Association DORCAS qui gère une aumônerie de rue à Neuchâtel. Mercredi 18 octobre, une plaque commémorative en l’honneur de Josef Egli, dit Frère Léo, a été posée à la rue Fleury. « Cette plaque symbolise la continuité, l’héritage transmis par Frère Léo qui a permis à toutes sortes d’associations de se développer », ajoute Thomas Facchinetti, directeur de la Culture et de l’Intégration de la Ville de Neuchâtel.

Josef Egli est né à Gunzwil dans le canton de Lucerne, en 1931. À 16 ans, il rejoint l’Institut catholique de Neuchâtel pour apprendre le français. Après des études à Lille en France, il revient enseigner dans ce même institut avant de partir au Pérou. À son retour en terres neuchâteloises, en 1988, il est engagé comme aumônier de prison et sera progressivement de plus en plus actif auprès des gens de la rue. « Frère Léo portait des valeurs de liberté sans jugement, de responsabilités citoyennes, de générosité et de solidarité », souligne Thomas Facchinetti.

 

« Frère Léo a donné une impulsion décisive pour la création à Neuchâtel d’une aumônerie de rue. Il s’y est engagé avec détermination et a suscité à sa suite des engagements solides dont nos bénévoles actuels sont les continuateurs »

Jean-Claude Zumwald
Président de l’Association DORCAS

La création de l’aumônerie

« Frère Léo a donné une impulsion décisive pour la création à Neuchâtel d’une aumônerie de rue. Il s’y est engagé avec détermination et a suscité à sa suite des engagements solides dont nos bénévoles actuels sont les continuateurs », explique Jean-Claude Zumwald, président de l’Association DORCAS qui dépend des trois Églises reconnues – réformée, catholique romaine et catholique chrétienne – du canton. Depuis le début des années 2000, l’Association loue un local en ville appelé « la Lanterne » qui comprend une petite chapelle. Trois fois par semaine, les gens de la rue peuvent venir discuter, manger un encas et se réchauffer.

« Nous faisons de l’accueil et de l’écoute sans jugement. Notre plus-value est spirituelle, mais le 95% du temps, c’est de l’humain », explique Sébastien Berney, aumônier à 50%, à « la Lanterne ». «Environ trente usagers réguliers viennent chaque semaine et trente autres tous les trois à quatre mois. Certaines personnes ne s’y rendent qu’une seule fois ». Parmi les habitués, des personnes qui souffrent d’addictions ou de problèmes psychiques, des réfugiés et également des gens qui se sentent seuls. « Je mets toujours un cadre très clair quand on parle de faire du social au nom de sa foi. Nous ne sommes pas là pour sauver, mais pour accompagner. Dieu peut sauver … Nous, nous pouvons accompagner … »