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La Plateforme suisse contre la traite des êtres humains estime que de nombreux cas ne sont pas découverts

3 septembre 2021 | Actualités, Protection contre la violence

L’année passée, 174 nouvelles victimes de la traite des êtres humains ont été identifiées en Suisse, dont 86% de femmes. Cependant, le nombre de victimes non recensées est beaucoup plus élevé, indique la Plateforme suisse contre la traite des êtres humains.

Selon un communiqué de presse de la Plateforme suisse, 174 nouvelles victimes de la traite des êtres humains ont été identifiées en 2020. Au total, plus de 500 personnes ont bénéficié de conseils et d’un accompagnement spécialisé.

Les victimes nouvellement identifiées provenaient le plus souvent de Roumanie, du Nigeria, du Cameroun et de Hongrie. Le communiqué précise que 40 % des victimes étaient originaires de pays européens, 40 % d’Afrique et environ 10 % de pays asiatiques ou d’Amérique latine.
Ces chiffres ne représentent toutefois que la partie émergée de l’iceberg et le nombre de victimes non recensées est beaucoup plus élevé, souligne le communiqué. En outre, parmi les victimes identifiées, beaucoup ne recevraient malheureusement pas l’aide et la protection auxquelles elles ont droit.

Ainsi, un tiers des personnes conseillées auraient fait l’objet d’exploitation à l’étranger. Selon le droit suisse relatif à l’aide aux victimes, ces personnes ne peuvent prétendre à aucune aide. Cela va à l’encontre de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains, que la Suisse a signée, souligne le communiqué. Il arrive régulièrement que des victimes glissent dans la clandestinité à défaut d’être prises en charge au sein d’un hébergement spécialisé. Malheureusement, tous les cantons ne financent pas ce type d’hébergement, observe le communiqué.

En particulier les victimes de la traite des êtres humains à des fins d’exploitation de la force de travail ne sont pas toujours identifiées comme telles. Il faudrait davantage de ressources dédiées à la sensibilisation des institutions et du grand public.

Les centres de consultation spécialisés de la Plateforme suisse contre la traite des êtres humains ont pour la première fois établi une statistique commune pour l’ensemble de la Suisse, indique le communiqué. Il s’agit des données les plus complètes dont le pays dispose sur les personnes identifiées comme victimes de la traite des êtres humains et bénéficiant d’un accompagnement.