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Le changement climatique est la principale préoccupation de la génération Z

Selon une enquête menée par Amnesty International, 58 % des personnes interrogées en Suisse estiment que le changement climatique est l’un des problèmes les plus importants auxquels le monde est confronté aujourd’hui. Viennent ensuite la pollution avec 49 %, l’accès à l’eau potable avec 37 %, le terrorisme avec 33 %, la perte des ressources naturelles avec 30% et la violence faite aux femmes avec 24%.

Dans le cadre de l’enquête « Avenir de l’humanité », qui s’est déroulée dans 22 pays, plus de 10 000 personnes de la génération dite Z, âgées de 18 à 25 ans, ont été interrogées, 500 en Suisse et 500 dans chaque autre pays. Cinq thèmes ont été retenus parmi une liste de 23 problèmes mondiaux majeurs.

Les résultats de l’enquête ont mis en lumière non seulement la façon dont la crise climatique mondiale est perçue, mais aussi la lutte quotidienne et les préoccupations de la génération Z dans leur propre pays, a déclaré Amnesty International. Dans les 22 pays étudiés, la corruption est perçue comme un problème national très grave avec 36%. D’autres aspects nationaux importants étaient la stabilité économique et la pollution de l’environnement (26%), l’inégalité dans la répartition des revenus (25%), le changement climatique (22%) et la violence faite aux femmes (21%).

La liste des préoccupations en Suisse est légèrement différente : les inégalités dans la répartition des revenus (45%) constituent la préoccupation la plus importante, suivie du changement climatique (39%), de la pollution de l’environnement (31%), des migrations (28%) et des inégalités entre les sexes (27%).

«Pour plus de 70 % des personnes sondées, la protection des droits humains est essentielle pour l’avenir de leur pays.

Droits humains, atout important
L’enquête montre également qu’une nette majorité de jeunes considère globalement les droits humains comme un atout important, a déclaré Amnesty International. À titre d’exemple, 73% se sont déclaré d’accord avec l’énoncé selon lequel la protection des droits de la personne est essentielle pour l’avenir de leur pays, seuls 11% l’ont rejetée. Pour 63 % d’entre eux, les gouvernements devraient prendre le bien-être de leurs citoyens plus au sérieux que la croissance économique – 13% rejettent cette affirmation. Et 60% sont d’accord que les droits de l’homme doivent être protégés même si cela a des effets négatifs sur l’économie, contre 15 % de rejet. À voir quelle influence cela pourrait avoir sur une éventuelle acceptation de l’initiative pour des multinationales responsables par le peuple suisse.

Dans tous les pays où l’enquête a été faite, nombreux sont les jeunes qui estiment que c’est au gouvernement qu’il incombe au premier chef de faire respecter les droits humains (73% d’opinions favorables contre 15% des personnes privées, 6% pour les entreprises et 4% des organismes sans but lucratif qui ne sont pas d’accord. Selon Amnesty International, la jeune génération mérite une place à la table des négociations. Le débat sur la manière de relever les défis mondiaux doit inclure la voix de celles et ceux qui en constituent l’avant-garde.

Une empreinte écologique presque trois fois trop élevée
L’enquête « L’avenir de l’humanité » a été publiée par Amnesty International à l’occasion de la Journée des droits de l’homme du 10 décembre. L’institut de sondage Ipsos MORI a été mandaté à cet effet. Les entrevues ont été menées en ligne. Selon le communiqué de presse, des quotas ont été observés pour le sexe et les groupes d’âge et – si la taille du panel le permettait – pour la région.

Les statistiques de l’année dernière ont par ailleurs confirmé que le changement climatique est un problème pour la Suisse, car les Suisses consomment 2,9 fois plus de ressources environnementales que les ressources disponibles. Nous vivons aux dépens des générations futures et d’autres régions du monde, a déclaré l’Office fédéral de la statistique (OFS).

L’empreinte écologique mesure la consommation des ressources naturelles et exprime en hectares globaux la superficie nécessaire à la production de ces ressources. L’empreinte écologique montre quelle surface terrestre est nécessaire pour qu’une région, un pays ou l’humanité entière puisse satisfaire ses propres besoins et neutraliser les déchets.

On observe depuis des décennies un déséquilibre entre l’empreinte écologique de la Suisse et la bio-capacité de la planète, a souligné l’OFS en présentant de nouveaux chiffres. Cette consommation n’est possible que grâce à l’importation de ressources naturelles et à la surexploitation de « biens » globaux comme l’atmosphère.

La Suisse consomme 2,9 fois plus de services environnementaux et de ressources par habitant que la moyenne mondiale, sa consommation ne peut en aucun cas être considéré comme durable, soit assurant les ressources nécessaires, dans un état correct (qualité de l’air, de l’eau ou des sols) pour assurer la vie future : nous vivons donc aux dépens des générations futures et des autres régions du monde.

Les chiffres présentés pour 2014 montrent que l’empreinte écologique globale par personne dépasse la bio-capacité disponible de 1,2 hectare global. La plupart des pays industrialisés consomment plus de deux planètes, tandis que les pays du sous-continent indien, de l’Asie du Sud-Est et d’’Afrique consomment moins d’une planète. L’empreinte suisse est en moyenne la même que celle des pays d’Europe occidentale.

Selon l’OFS, la consommation d’énergie fossile représente près de 75% de l’empreinte écologique de la Suisse. Cette part a également augmenté le plus fortement au cours des dernières décennies. La demande de terres arables, de forêts et de pâturages représente également une part importante (25%).

Chaque année, le Global Footprint Network publie des résultats révisés et actualisés de l’empreinte écologique nationale et mondiale. Il s’agit notamment de calculs d’empreinte et de bio-capacité pour la Suisse et 190 autres pays.