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L’Église fribourgeoise se soucie de la santé mentale des jeunes

Mar 22, 2021 | Actualités, Corona, Église et foi, Santé, accès aux soins

L’Église évangélique réformée du canton de Fribourg publie un papier consacré à la santé mentale des enfants et des adolescents. Elle s’interroge sur la contribution qu’elle peut y apporter, une question d’actualité après une année de mesures contre le coronavirus qui affectent tout particulièrement la vie des jeunes.

Un sondage réalisé par la Confédération indique que les psychologues pour enfants et adolescents redoutent en effet que le coronavirus ne laisse des traces chez les jeunes à moyen et long terme et n’entraîne une évolution défavorable de leur comportement relationnel, donc de leur capacité à tisser des liens. Selon Protection de l’enfance Suisse, la santé mentale inclut des « aspects tels que le bien-être, la satisfaction, la confiance en soi, la capacité relationnelle et la gestion du quotidien ». Toutes ces notions comprennent en filigrane une question de savoir si les ressources protectrices et compensatoires) prévalent sur le stress (facteur de risque). Que faut-il pour que l’environnement de l’enfant soit en mesure de fournir ces ressources protectrices ?

Église aux premières loges
Les personnes impliquées dans le travail ecclésial auprès de la jeunesse, les ministres ou les catéchètes peuvent souvent se faire une idée assez précise de la situation de vie des enfants et adolescents. Actuellement, les rapports traitant de cette question – Covid-19 oblige – se concentrent sur certains jeunes ou enfants spécifiques, souvent par ailleurs délinquants. On trouve aussi des chiffres tirés d’études menées sur les facteurs de risque, comme la consommation de produits stupéfiants par exemple.

Contrebalancer la pression à « performer »
Les adolescents et les enfants doivent pouvoir grandir dans une société où règne, parallèlement à la pression au rendement, la tolérance pour celles et ceux qui peinent à répondre aux exigences de performance ou qui souffrent de troubles mentaux. Il faut pouvoir proposer aux jeunes des centres de consultation facilement accessibles. Pour ce faire, il est essentiel de lutter contre la stigmatisation liée aux maladies mentales. Pour garantir des chances de développement réparties équitablement au sein de la société, il est impératif de mettre en place pour toutes les catégories de population un accès libre à la prise en charge et une qualité identique dans le traitement des problèmes mentaux. Dans une époque régie par une société mettant en avant les performances et l’autoreprésentation, il est essentiel pour une Église cantonale de définir sa propre position en la matière et de la porter également par ses paroles et dans son action.

Que peut faire l’Église ?
Grâce à son accès aux enfants et aux jeunes, l’Église peut contribuer à l’épanouissement de leur personnalité et au renforcement de leur santé mentale. Le sentiment d’appartenance et la solidarité, soit le « faire-partie » d’une communauté, permettent aux enfants et aux adolescents d’assumer leurs responsabilités et de prendre part au façonnement de notre société. Cela crée l’espace qui leur est nécessaire pour grandir, apprendre et se développer, tout en accumulant les expériences. Tous ces facteurs stimulent leur capacité de s’organiser et d’agir et leur confèrent davantage de liberté, car ils connaissent leurs compétences, savent les exploiter et se sentent libres d’assumer leurs propres responsabilités. L’Église pourrait ainsi prendre le rôle d’intervenant précoce et de « centre de triage ». En favorisant la prise de conscience quant à la santé mentale, en abordant ouvertement les problèmes et en levant les tabous, l’Église peut agir concrètement auprès d’un jeune et lui proposer par exemple une offre de soutien. Elle peut ainsi – si les conditions optimales sont réunies – éviter des conséquences plus lourdes et réduire la gravité des conséquences personnelles, sociétales, mais aussi économiques des problèmes de santé mentale chez un jeune

Enjeux
L’Église doit pouvoir trouver le juste équilibre entre « détecter », d’une part et, d’autre part éviter une pathologisation excessive des jeunes. Elle doit être en mesure d’appréhender le stress psychologique des enfants et adolescents par le dialogue et de chercher à en déceler l’origine. Une approche prudente et une assistance appropriée sont nécessaires pour aborder le problème et tenter de répondre aux préoccupations des jeunes. Les actrices et acteurs ecclésiaux doivent toutefois connaître leurs limites afin de garantir la protection de l’enfant ou du jeune et savoir le diriger, si nécessaire, vers des spécialistes. Elles et ils n’ont certes pas de mission thérapeutique mais peuvent jouer un rôle important d’intermédiaire entre les services compétents et les enfants et adolescents.

Au sein de l’Église, il faut par conséquent mettre en place un échange à ce sujet et la possibilité d’être soutenue ou soutenu par ses supérieurs, par une assemblée des ministres ainsi que des possibilités de formation continue. L’Église peut sensibiliser la communauté à la question en proposant des projets qui promeuvent efficacement et aident à préserver la santé mentale. La conception d’offres attrayantes et l’instauration d’un climat de confiance et de respect dans le dialogue aident l’Église à atteindre ses objectifs en matière de santé mentale.

Cet article est un résumé du papier publié par l’Église évangélique réformée du canton de Fribourg (lien à droite)

 

Image symbolique, « So happy »,  CC-BY-NC-SA 2.0