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Semi-confinement et diaconie : une enquête de Diaconie Suisse

Jan 11, 2021 | Actualités, Actualités - Featured, Bénévolat, Corona, Diaconie Suisse, Projets diaconaux

Diaconie Suisse a mené l’enquête auprès de collaboratrices et collaborateurs socio-diaconaux et les a interrogés sur leurs expériences durant la pandémie de coronavirus. Outre les grandes difficultés que cette crise a entraînées (et entraîne encore), elles et ils ont aussi noté des aspects positifs qu’il faudra maintenant préserver. Les paroisses ont investi énormément d’énergie pour compenser ou remplacer tout ce qui a dû être interrompu par la pandémie ; telle est l’une des conclusions de cette enquête, à laquelle ont participé quelque 30 personnes (pasteur*e*s et collaboratrices et collaborateurs diaconaux) des Églises membres de l’EERS.

Le semi-confinement que le Conseil fédéral a imposé à la fin de l’hiver 2020 a créé de nouveaux besoins dans les paroisses. S’il n’y a pas eu de grande demande pour une aide matérielle, les aspects pratiques de la vie quotidienne – aide pour aller faire les achats ou services de conduite – ont constitué le gros de l‘aide fournie. Les spécialistes ont par ailleurs identifié un grand besoin de soutien psychosocial : les réponses à l’enquête font état de solitude, des difficultés à concilier travail à domicile, l’école à la maison et les besoins de la famille, et d’un sentiment général d’insécurité. Malgré cela, les réseaux de proximité ont bien fonctionné, selon l’une des conclusions de l’enquête.

Le semi-confinement a, dans les faits, sonné l’arrêt des offres de soutien de groupe, un pilier du travail diaconal. Les offres visant le développement de la communauté et le soutien aux familles, ainsi que le travail auprès des enfants et des jeunes, ont dû être interrompues. En lieu et place, les prestations ont été fournies directement au lieu de résidence, en particulier pour les personnes âgées qui furent contactées par des chaînes téléphoniques ou visitées individuellement. L’échange virtuel via des plates-formes en ligne s’est de plus en plus établi.

De nouvelles offres ont été proposées aux familles sollicitées de toutes parts : prestations de conseil, aide aux devoirs ou baby-sitting devaient les soulager. Les paroisses ont misé sur les canaux numériques pour atteindre les jeunes, toutefois avec un succès plutôt mitigé dû à une forme de fatigue digitale. Globalement, les personnes interrogées ont plutôt moins travaillé durant le confinement qu’auparavant.

Dans un premier temps, les collaboratrices et collaborateurs diaconaux ont investi énormément de temps pour mettre en œuvre les directives officielles. Un point positif a été noté : la collaboration au sein des paroisses a parfois été beaucoup plus facile que dans le cas normal, les processus décisionnels étaient plus efficaces et plus rapides.

Parmi les bénévoles, le groupe numériquement le plus important – les personnes âgées, considérées « à risque » durant la pandémie – n’a pas été autorisé à poursuivre son engagement. Des personnes plus jeunes et moins proches de l’Église ont rejoint les rangs. Un net changement dans l’engagement bénévole a pu être observé, une transition sans encombre dans les paroisses qui offraient déjà un accompagnement professionnel des bénévoles. Par ailleurs, les paroisses ont, durant cette pandémie, collaboré de manière intense avec de nombreux acteurs de la société civile.

A la fin du confinement, que faut-il garder de ce qui a été mis en place ? Certaines prestations ne sont plus indiquées avec le retour d’une forme de normalité, par exemple les services de conduite. D’autres offres ont été suspendues mais doivent pouvoir être remises en place très rapidement en cas de nouveau besoin, par exemple l’aide pour les courses. D’autres éléments doivent être maintenus : les paroisses doivent pouvoir garder les nouveaux bénévoles et cultiver les contacts établis dans les réseaux de la société civile. Enfin, il convient également de maintenir les contacts rétablis avec des personnes qui « n’étaient plus dans le radar » de la paroisse.

Pour conclure, cette enquête a permis de dégager quelques pistes de travail. Ainsi, les outils méthodologiques doivent être garantis dans les paroisses afin que les nouvelles méthodes de travail puissent être mises en application à moyen et long terme. En outre, la rapidité de la prise de décision devrait, elle aussi, être maintenue à l’avenir. Les Églises s’attendent à une diminution de leurs ressources (perte de substrat fiscal) à la suite de la pandémie, ce qui rendra la question des priorités plus aiguë. Le retranchement derrière leurs portes hermétiquement fermées des institutions médico-sociales a provoqué beaucoup de solitude et conduit à des situations humainement tragiques ; les Églises devront s’engager au plan politique pour qu’un meilleur équilibre entre considérations sanitaires et humaines soit trouvé pour les homes et autres établissements médico-sociaux.

Les résultats de l’enquête,
ainsi que de nombreux liens
et références
sont publiés
sur la page thématique « Corona »
sur le site en allemand.