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Covid19 : près de la moitié des personnes infectées ont continué à travailler

Août 24, 2020 | Actualités, Corona, Questions de genre et d’égalité, Travail et intégration professionnelle

Travail.Suisse et la Haute École de travail social de Berne ont lancé une enquête sur l’évolution des conditions de travail durant la crise du coronavirus. Pour de nombreux salariées et salariés, la charge de travail et les obligations de prise en charge ont augmenté pendant la période de confinement – sans aucune compensation, même partielle, de leurs employeurs. L’étude montre également que les mesures de prévention ont été soutenues par la plupart dans un esprit de solidarité. Cependant, un nombre considérable de personnes atteintes de Covid-19 n’ont pas été mis en quarantaine ou en auto-isolement.

Durant le semi-confinement, la charge de travail a évolué très différemment selon les branches ; dans le secteur de la santé, de la formation et du social, du commerce de détail et de l’administration publique, une grande partie des salarié-e-s déclarent avoir une charge de travail plus importante. Pour les familles, le travail à domicile imposé, combiné à la garde d’enfants et à l’enseignement à domicile, a été la source de réelle surcharge pour les parents, en particulier pour les mères. Dans les ménages avec des enfants de moins de 12 ans, le télétravail a considérablement accru les problèmes de conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, selon les auteurs de l’étude.

Concessions financières et décharge seulement partielles
Seul un employeur sur quatre environ a réagi en réduisant la charge de travail. Les mesures prises par les pouvoirs publics n’ont guère amélioré la situation des familles, la grande majorité des salarié-e-s ayant des obligations de prise en charge sont restés livrés à eux-mêmes dans cette crise et ont dû jongler entre travail, devoirs d’entretien et « école à domicile », selon les auteurs de l’étude. L’enquête spéciale coronavirus du « Baromètre Conditions de travail » montre qu’environ la moitié des employeurs continuent à verser leur salaire intégral aux employé-e-s au chômage partiel. Inversement, cela signifie qu’une autre moitié a été confrontée à une baisse de salaire.

Seulement une partie des malades en quarantaine
Pendant la crise du coronavirus, les salarié-e-s se sont généralement comportés de manière exemplaire et les prescriptions de la Confédération en matière d’hygiène ont été suivies dans la plupart des cas. La solidarité des salarié-e-s a été mesurée par le port (la plupart du temps encore volontaire à ce moment-là) du masque ainsi que par l’acceptation de se faire vacciner. 62% des salarié-e-s font preuve d’un sens du devoir (très) solidaire, environ un quart de façon moins solidaire et seulement un ou une salariée sur dix semble plutôt peu solidaire. En revanche, la situation est critique pour les personnes infectées : plus de 40% des employé-e-s souffrant de Covid-19 n’ont pas été mis en quarantaine ou en auto-isolement. Cela indique qu’un certain nombre de porteurs de coronavirus ont continué à se rendre sur leur lieu de travail. Le présentéisme si fortement ancré dans le monde du travail suisse persiste, même en temps de pandémie !

Règles claires pour le télétravail
Pendant la période de confinement, environ 50% des salariés ont fait du télétravail – une moitié partiellement et une moitié complètement. Le télétravail a ses avantages : plus de trajet pour se rendre au bureau, protection contre une infection au coronavirus, plus grande autonomie et tranquillité au travail ; mais toute médaille a son revers : manque de contacts sociaux, mauvaise ergonomie à la maison, accessibilité constante et heures supplémentaires, d’où des difficultés croissantes à concilier travail et vie privée. Selon les auteurs de l’étude, le télétravail ne peut être une alternative rentable au lieu de travail habituel pour les deux parties qu’avec des règles claires dans les domaines de la santé, de l’indemnisation des frais et de la conciliation travail – vie privée. Le télétravail devrait rester volontaire et les économies ou les gains de productivité éventuels ainsi réalisés devraient être répartis équitablement.

Le « Baromètre Conditions de travail » est un projet de coopération entre le syndicat Travail.Suisse et la Haute école bernoise. Le Baromètre évalue depuis 2015 la qualité des conditions de travail en Suisse et leur évolution.

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Rapport d’enquête « Baromètre Conditions de travail » (seulement en allemand)

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Blog «sécurité sociale» de la Haute école bernoise (seulement en allemand)